Aujourd’hui fut la journée dédiée aux enfants pour le solstice d’hiver. Nous avions préparé depuis plusieurs jours la décoration de la maison (branches de houx et de sapin, bougies, guirlandes…) et une bûche de hêtre décorée de houx et de rubans sur laquelle était plantée trois bougies qui trônait sur la table et que nous allumions le soir pendant le repas.
Ce matin, au réveil, les enfants ont pu découvrir et déballer leurs cadeaux, dont l’exploration nous a occupé une bonne partie de la journée. Au petit-déjeuner, nous avons dégusté une « lune de Noël », spécialité de la boulangerie de Locronan, brioche aux fruits confits, raisins secs et noix. L’année prochaine, j’essaierai de trouver le temps de la faire moi-même !
Dans la journée, j’ai préparé de quoi faire une flambée, en déposant dans la cheminée la branche de pin décorée de houx que j’avais offerte au Mabon lors du rituel en AelYs lundi. Après une journée passée en jeux divers et à évoquer le sens de ce jour spécial, nous avons éteint après le dîner toutes les lumières de la maison, sauf une petite bougie chauffe-plat à la lumière ténue, posée sur un tabouret devant la cheminée. Nous nous sommes réunis autour d’elle, avec chacun une bougie à la main, et nous avons évoqué la puissance de ce soleil si petit qui résiste au cœur de la nuit la plus longue et qui peut rallumer toutes les lumières autour de lui en grandissant à nouveau. Nous avons aussi rappelé aux enfants que cette lumière, ils la portent en eux, et qu’elle est une étincelle de chaleur et de joie qui résidera toujours au fond d’eux et à laquelle ils peuvent faire appel quand ils sont dans l’obscurité du chagrin, de la douleur ou du désespoir. Puis nous avons allumé chacun notre bougie à ce petit soleil, et avec nos bougies nous avons allumé toutes les autres à travers la maison, et le feu du foyer. Puis dans le feu du foyer, nous avons déposé la bûche de hêtre décorée.
J’avais déjà expliqué à mon fils qu’elle serait une offrande que l’on brûlerait, et quand j’ai reformulé ce fait en la déposant dans l’âtre, il a dit que lui aussi voulait faire une offrande pour que le jeune Mabon renaisse et prenne de l’énergie, il a demandé un morceau de houx à mettre au feu, puis un morceau de pain pour le nourrir, ensuite il a été choisir deux dessins à lui qu’il a mis au feu. Puis un peu après avoir contemplé le feu à mes côtés, il a demandé s’il pouvait dire quelque chose. Je l’ai encouragé, bien sûr, et il a fait une longue adresse au Mabon, où il le remerciait pour la lumière, la chaleur, où il détaillait les offrandes que nous avions faites et où il l’encourageait à grandir. Il était très sérieux et concentré, solennel, et on sentait que les mots lui venaient du cœur et étaient d’une grande sincérité. Pendant ce temps, sa sœur, un peu fatiguée et énervée, grouillait autour. Puis il a demandé une feuille et un crayon pour écrire. Quand je lui ai demandé si c’était important, il m’a répondu « oui », et j’ai senti que c’était le cas. Installé sur le tabouret devant le feu, il m’a fait épeler le nom de sa sœur après avoir écrit le sien. Puis il a mis le papier au feu. Et lorsque le feu a claqué, il a dit « Tu vois, le feu me répond ! ». Puis j’ai couché sa sœur et nous sommes restés un moment tous les deux dans le fauteuil à regarder le feu consumer les bûches d’offrandes. Voyant les bougies allumées, les décorations sur la cheminée, le calme qui régnait, je me suis dit que c’était exactement ce que je souhaitais pour cette soirée. Je me sentais bien. Puis mon fils a évoqué le fait qu’il se sentait fils du Soleil, et je lui ai répondu qu’il était aussi enfant de la Terre. Il a dit qu’il était aussi lié à l’eau, parce qu’il était Cancer et qu’il aimait le bleu. Nous avons alors parlé des 4 éléments, du Ciel et de la Terre comme aspects masculins et féminins, et de l’équilibre que tous trouvaient en nous. Puis je suis allé le coucher à son tour.
J’ai été très touchée pour les initiatives qu’il a prises, les mots qu’il a prononcés, les offrandes qu’il a faites, les questions qu’il a posées. Avec le sentiment que ce que nous évoquons devant lui en parlant avec Llyriann de nos croyances et des rituels fait manifestement son chemin en lui, tout comme la façon dont nous vivons et dont nous entrons en relation avec la nature. Et compte tenu de ce qui s’est passé ce soir, je pense que je ne dois pas hésiter à partager plus directement avec lui le sens de nos démarches et des fêtes de la roue.
Demain nous ramasserons ensemble les cendres de ces bûches d’offrande, pour protéger notre foyer jusqu’au prochain solstice d’hiver.



