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Sacerdotes !

Cessez d’Être à moitié,
À moitié engagés,
Jamais vraiment entiers,
Un pas hors du sentier.

Qui écoute, qui se met en route ?
Qui est au service malgré les doutes ?
Qui s’engage pleinement et fait don de soi ?
Qui cultive le courage et rayonne de sa foi ?

Renoncez à la gloire, aux egos,
Cessez les vaines querelles de mots.
Faites honneur à vos titres,
Cessez de faire les pitres.

Qui œuvre pour demain ?
Qui sait Voir plus loin ?
Qui s’oublie en toute humilité ?
Qui donne sans compter ?

Planter les graines dont les fruits mûrs,
Ne seront cueillis que par les générations futures.
S’effacer derrière la manifestation du sacré,
Au service des dieux et de la communauté.
Assumer ses paroles, ses actes, ses choix,
Endosser les responsabilités de sa voie.

Placer la Vie avant l’écrit,
La Mort avant le confort,
Placer expérience et reliance
Comme source première du sens.

Accompagner sans jugement,
Écouter dans la force de l’instant,
Suivre instincts et intuitions,
Agir avec détermination.

Exigence et cohérence,
Persévérance et confiance,
Respect de l’autre et don de soi,
Respect des dieux et force de foi.

Toujours loyaux et présents,
Pour les morts, les vivants,
Les Dieux et les Déesses,
Les êtres en détresse.

Toujours en chemin,
Discutant le passé,
Jamais certains,
Écoutant le présent,
Sans fin,
Bâtissant le futur.

Telle est la posture de ceux qui servent,
Qui construisent et donnent sans trêve,
La posture des passeurs, des relieurs,
Dont l’entièreté dépasse les peurs,
Dont le courage nourrit l’honneur,
Dont la foi rayonne du cœur.

Qui écoute ?

Cessez donc de parler sans cesse,
De vous complaire dans la paresse,
Cessez donc de chercher le confort,
De fuir le courage, la peine et l’effort !

Plantez vos racines en terre,
Déployez vos antennes,
Tenez-vous droit et fiers,
Soyez la maturité sereine.

Qui fait silence, qui écoute ?
Qui de sa lance met en déroute ?
Qui cultive la curiosité comme le doute ?
Qui transcendé remet la Tradition en route ?

Poser l’ego, les certitudes et les routines,
Laisser naître en soi du destin la voile fine,
Mettre le cap sur la justesse du lendemain,
Dans la terre noire et le feu mettre les mains.

Se laisser déstabiliser, emporter,
Surprendre, émerveiller,
Accepter l’inconnu de Soi,
Et renoncer avec grâce à « Moi ».

Voir enfin l’autre et les dieux sans filtres,
Écouter le chant du monde sans juger,
Être en reliance,
Relier en confiance.

Qui écoute ?

Hymne à Ogmios

Ogmios

Photomontage par Taliesin

Ogmios, Noble Aîné Maître des sages,
Souffle venu des profondeurs des âges,
Spirale des éons vers l’avenir,
Conscience du grand Dessein et du devenir.

Ogmios, Puissant Maître du Temps,
Du passé vers le présent,
Du futur vers les gisants,
Force éternelle de l’omniprésent.

Ogmios, Brumeux Père du Destin
Maître d’hier comme de demain,
Haute figure et ferme poigne,
Des cycles profonds tu témoignes.

Vois l’humble salut de ceux qui s’émeuvent,
Sens la ferveur des Êtres qui se meuvent,
Dans les méandres de la toile,
Dans les rets souples des voiles.

Reçois l’offrande de nos chemins,
Accompagne nos pas libres comme contraints,
Reçois le souffle de nos incarnations,
Éclaire nos choix, nos doutes et nos passions !

Espoirs d’antan,
Salut Maître du Temps !

Souvenirs de demain,
Salut Père du Destin !

Poussière de nos os,
Salut à toi Ogmios !

Dans les rameaux de l’arbre immense,
A lieu des inspirés l’insaisissable danse,
Dans les racines de l’arbre de lumière,
Se tient le conseil des guerrières.

Dans le creux des grottes immergées,
Les forgeronnes créent les lames acérées,
Dans le vent de l’échine du dragon,
Chante la Dame à pleins poumons.

Tourbillon d’émotions,
Nés de la magie des sons,
Tourbillon de magie,
Au seuil de la Vie.

Au cœur de la Baie,
La ville de lumière,
Au cœur de la Belle,
La fureur guerrière.

Eau et sang entremêlés,
Pour fêter la vie renouvelée,
Rires et larmes,
Sel et charmes.

Par les chemins creux,
Par les regards vitreux,
Vient à nous l’Ankou,
Force qui de tout se joue.

Par les sentes de rosée,
Par les sourires enchantés,
Vient à nous la Reine,
Dame noble et sereine.

Levons-nous pour chanter,
Levons-nous pour danser,
Mort et Vie en majesté,
Blanc et noir pour nous guider !

Et dans le sillage de l’action,
Le ruban rouge des pulsions,
La trace sanglante de l’épée,
Pour servir le serment prêté.

La Voie écarlate à nouveau s’ouvre,
Devant l’élan de ceux qui se découvrent,
Qui osent se dépouiller et renaître,
Libérés des peurs et des paraîtres.

Qu’ils viennent, les gardiens en devenir,
Qu’ils se laissent guider par le souvenir,
Des serments anciens, des chants guerriers,

Qu’ils se rassemblent, les gardiens nouveaux-nés,
Qu’ils se laissent inspirer par l’esprit renouvelé,
De la Dame or et écarlate au féroce sourire…

Douceur d’un regard, tendresse d’une caresse,
Partage d’un moment calme et intime,
Dans tes yeux bleu gris je sombre avec ivresse,
Ton petit poing dressé vers d’invisibles cimes…

Les yeux et le cœur flous,
La courbe souple d’un cou,
Rencontre d’êtres en devenir,
Attente d’orages à venir.

Déroule ses anneaux sidérants,
Siffle et se lève devant les amants,
Sous la lune l’instant suspendu,
Vers l’œil de la nuit un être tendu.

Épée sortie du fourreau,
Jeune pousse de sureau,
Amoindrie par une larme,
Pourtant acérée telle une arme.

Émergence attentive,
Naissance furtive,
Lune pleine,
Âme en peine.

Né de l’écume,
Né sous la lune,
Morsure bénigne,
Crocs de l’abîme.

Le chien noir s’élance,
Le souffle chaud de la danse,
Le sang bout sur la lame,
En l’honneur de la dame.

Marque des griffes sur la poitrine,
Traces du sel en larmes fines,
Fracas des vagues sur le roc,
D’or, dragon et frappe d’estoc.

Tresse fine,
Tresse maligne,
Jeune homme,
Né de la pomme.

Fils de la Reine,
Enfant de la Guerre,
Sur le char au vent debout,
Face au destin où tout se joue…

Femme nouvelle

À la lueur de la Lune ronde et dorée, un cri résonne dans la nuit.
Mère et fille, sous l’œil de la Déesse Belisama se découvrent.
Naissance
, début du premier cycle.

Au sein de la tribu, au cœur de la nature, l’Enfant grandit harmonieusement.

À la lueur de la Lune ronde et dorée, un murmure parcourt l’assemblée des femmes.
La rivière rouge a ouvert les portes de la féminité sacrée.
Fertilité
, début du deuxième cycle.

La mère de sa mère l’accompagne à l’écart, vers l’étang rond des femmes, l’invite à se pencher pour contempler dans le miroir liquide son visage de Femme nouvelle auréolé de la lumière blonde de la lune et lui révèle le mystère des trois eaux de la Femme.

L’eau rouge de la lune, le sang sacré qui rythme la vie de la Vierge.
L’eau noire
de la matrice, la mer intérieure qui habite l’Enceinte et berce l’enfant.
L’eau blanche
du lait, le cordon nourricier qui relie la Mère à l’enfant.

Elle sourit, émerveillée, et vit sa vie de Vierge, rythmée par le retour du disque blanc et des eaux rouges, sous l’ombre protectrice de la Déesse Dahut.

À la lueur de la Lune ronde et dorée, un chant de joie s’élève.
En elle une vie nouvelle s’est installée.
Maternité
, début du troisième cycle.

Enceinte, elle porte dans les eaux noires, puis Mère elle nourrit des eaux blanches son fils et sa fille.

Dans la nuit noire désertée par la Lune, un sourire triste accompagne un rire clair.
Les enfants s’éloignent du sein blanc où les eaux ont tari.
Sevrage
, fin du troisième cycle.

Dans la nuit noire désertée par la Lune, un soupir résigné.
Les eaux rouges ont reflué, l’influence de la Lune s’est éloignée.
Stérilité
, fin du deuxième cycle.

Seule, elle retourne à l’étang sacré pour contempler le visage de la Vieille qu’elle est devenue et accepter le nouveau rôle qui désormais lui incombe.

Dans la nuit noire désertée par la Lune, un dernier souffle passe ses lèvres.
La fille devenue Femme confie au giron noir de la Déesse Ahès la destinée de sa mère.
Mort
, fin du premier cycle.

Trois temps pour la femme, Enfant, Femme et Vieille, ponctués par le flux et le reflux de l’influence de la lune.
Trois eaux pour la Femme qui vibre de Vie, tour à tour Vierge, Enceinte et Mère.
Trois visages pour les Déesses qui accompagnent et protègent.

Trois en une, différentes et pourtant unes, femmes changeantes comme la Lune…

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