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Archive for the ‘Initiation’ Category

Écrire au fil des mots, un exercice délicat, funambule de la pensée. Renouer ainsi avec l’éclat des tournures insensées, le dédale des rimes, le labyrinthe des formules plus ou moins inspirées. Pari de ne rien censurer, pour se montrer à nu, un peu.

Mots du cœur, imprégnés de lumière, d’ouverture et de vent solaire… Mots comme des lueurs offertes, des offrandes à l’apprêt un peu mat. Quand la brillance survient, c’est que l’inspiration enfin s’en vient, les habite et fait éclore la substance éclatante du sens.

Mots de l’âme, comme des papillons délicats, des gouttes de rosée déposées au creux de vos oreilles. Saisissez-les tendrement, ils sont fragiles. Ils révèleront toute leur beauté dans un échange patient avec les circonvolutions de votre âme ouverte…

Moment des récoltes, tournant de l’année, l’équinoxe bientôt arrive et avec elle le miroir du chaudron, le regard perçant des déesses anciennes penchées au-dessus de nos épaules, face à la surface impitoyable qui déchire les voiles de nos âmes pour mettre à nu notre Être, son chemin parcouru et son devenir flou, fruit à venir de nos choix.

Choix en conscience, qui doivent savoir laisser la peur de côté pour révéler toute la force du chemin et ne pas tomber dans les failles des archétypes qui surgissent devant nos pas souvent hésitants… Affermir ses décisions, regarder en face ses appréhensions pour les comprendre sans les juger, et cultiver la confiance. Un travail de chaque instant, soutenu par la sensation parfois ténue mais toujours renouvelée de la présence de nos gardiens et « patrons » : esprits, alliés et déités venus à notre rencontre sur le Chemin et qui nous font l’honneur de nous accompagner, pour un temps ou pour longtemps.

Ouvrir la porte du quotidien, quitter la routine sans âme pour laisser un peu de hors-temps s’infiltrer et retrouver la présence du sacré. Posés sur le bord du monde, regarder avec tendresse s’épanouir la fleur aux ailes miroitantes du merveilleux qui subsiste. Révéler avec patience chaque feuille scintillante, approcher les Portes oubliées avec prudence, collecter les graines des savoirs anciens, remonter à la source en laissant de côté les écrits dé-générés (dans le sens de : altérés par le temps et la succession des générations). Écouter, écouter encore, patiemment. Goûter les fruits doux offerts par la Terre et entendre dans le vent les murmures des esprits anciens, les chants inaltérés venus des origines… Se laisser traverser, emporter, faire tomber les masques et se révéler à soi-même, pour remodeler ensuite des formes, retisser des parures choisies avec soin.

Explorer les sentiers, se laisser toucher par la magie ancienne des eaux, danser dans le vent tiède sur le dos apaisé de la Terre…

Se dissoudre dans le paysage. Ne faire qu’un avec le monde. Se réveiller comme d’un songe. Ne pas s’attarder sur les regrets de la douceur et de la force conjuguées de cette communion, mais affermir sa persévérance par son souvenir et le souhait d’en étendre le présent à ceux qui nous entourent…

Être et Rayonner.

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Nous voilà entrés dans la saison sombre, le temps du recueillement.
Nous avons donné, la Vieille a pris. Pas toujours la même chose d’ailleurs…

Après la descente depuis l’équinoxe d’automne, lente décomposition dans le chaudron jusqu’au solstice d’hiver. La Dame au manteau noir touille doucement, sous la croûte noirâtre, le bouillon arc-en-ciel nous porte, dans une danse spirale qui nous rapproche peu à peu du centre, du fond, de l’extrême limite…

Et au fond du chaudron, la Porte.
L’infime point de lumière, la goutte d’or du nouveau monde, l’énergie concentrée qui libèrera bientôt l’espace-temps d’une nouvelle saison…

Mais pour l’instant, attente. Lenteur, obscurité, pression.
Comme de grandes mains qui nous pétrissent avant la renaissance.

Dans le vent qui parcourt le labyrinthe des dunes, souffle désormais l’esprit d’un nouvel ancêtre, qui poursuit son chemin dans la paix.

Dans les flots glacés de novembre, la Dame a déposé son étoile sur le front de sa servante, et a remplacé le fardeau de peur par le voile de lumière.

Dans la clairière ceinte de prunelliers, le maillet du Passeur a frappé le tambour de la Terre, et les vibrations chantent encore à nos oreilles…

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Sur la colline de Lokorn en Neved ou dans la clairière d’AelYs ; sous la pluie fine ou le soleil nouveau ; sous les frondaisons ou sous le ciel ; célébrer Imbolc, célébrer Brigit.

Célébrer aussi pour moi le début de ma cinquième année de rituels, puisque mon tout premier eut lieu pour Imbolc 2009 dans la clairière du Chêne…

Rituels calmes, feutrés, parés de fleurs et de joncs, et marqués pour moi par des images fortes, mais intérieures…

Brigit la grande Déesse, maîtresse de l’eau lustrale : femme à la haute stature, au port altier, en grand manteau et robe rouge au lourd drapé, les bras baissés vers nous. Et moi en écho qui baisse les bras vers la coupe pour transmettre la bénédiction de la Déesse, avant que nous nous purifiions et que je bénisse avec cette eau les croix de joncs et objets rituels, avant d’entamer une ronde de purification pour étendre cette lustration à tout le cercle et au-delà, au monde.

Offrir un nid de laine aux couleurs du lait et des bourgeons au centre du cercle de huit bougies.

Imbolc2013(2)

Brigit la jeune mère : eau ruisselant de sa tête et de ses épaules, tandis qu’elle porte dans ses bras l’enfant de lumière qu’elle a enfanté puis gardé près d’elle pendant 40 jours. Son cœur de lumière incarné. Maintenant il est assez fort pour commencer à donner et accompagner le réveil du printemps.

Offrir la promesse d’être à la fois la Mère aimante qui prend soin, berce et nourrit, et l’Enfant de Lumière qui s’épanouit et rayonne. Duo complémentaire, intégrer la capacité à s’aimer, se soigner, se nourrir, se bercer, sans attendre de l’extérieur, pour ensuite rayonner et donner aux miens. Accepter cette étape de solitude. Cesser d’attendre un guide, un gardien, une Mère, une aînée.

Cinq Imbolc, cinq pointes du pentacle pour aller vers la douceur et la lumière de la pomme, de Vénus, de cette chair douce et sucrée qui nourrit l’âme autant que le corps, de cette peau chaude et de ce cœur de mère qui bat doucement, de cette voix qui chante doucement et du cidre doux qui enivre juste ce qu’il faut. Tout cela n’est pas à chercher loin, tout cela je le porte en moi, il ne tient qu’à moi d’être l’Amour de la Mère pour l’Enfant de Lumière et l’Amour de l’Enfant pour le Monde, en écho comme une ronde. Car la Mère est dans le Monde, et l’Amour de l’Enfant lui revient grandit et la nourrit à son tour.

Larmes de joie, complétude.

Mais il ne faut pas s’arrêter là pour autant, le Chemin continue…

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Elle se tient au bord, tout au bord. Là où plus rien n’existe que le silence, le calme et la lenteur. Assise dans une douceur blanche, elle regarde patiemment les arabesques dorées qui dansent sur la toile noire du vide absolu au-delà. Son regard est patient, posé. Il scrute chaque boucle, chaque nuance, chaque mouvement.

Le temps se tient en retrait, elle l’a laissée derrière, gentiment mais fermement.

L’espace est grand ouvert devant elle, et presque fermé derrière, lui assurant une assise sûre, l’enveloppant de la certitude de l’immobilité, quand celle du mouvement se déploie devant ses yeux.

Un scintillement fugace parcourt une arabesque, qui se concentre en spirale et lance un éclat cuivré en son centre. Bientôt des écailles se forment, deux yeux s’ouvrent et une ondulation subtile la parcourt. Puis la serpente se met à former des S lents et hypnotiques.

Et soudain, l’espace se contracte et la serpente jaillit. Elle jette ses crocs en avant et la mord rapidement au cou, laissant fleurir deux traces rouges, avant de s’enrouler autour de son torse, descendant, puis remontant plus lentement dans l’autre sens, pour finir par s’arrêter la tête déployée au-dessus de sa tête, frémissante.

Elle n’a pas eu le temps d’esquisser un geste, ni même une pensée. Mais maintenant le temps revient, doucement, tendrement, près d’elle, et elle sent un venin noir qui s’infiltre en elle. Les anneaux de la serpente sont une caresse ferme, et le venin coule lentement, mais sûrement, et il emporte sur son passage toutes les scories, tous les échos anciens stériles et dépassés, toutes les entraves inutiles. Il tourne, il circule, et bientôt il descend et se concentre dans les jambes, les pieds. Alors elle s’enracine profondément, et le venin part vers la terre noire où il emporte ses déchets pour les mêler aux feuilles pourries, aux déjections, à l’humus fertile.

Maintenant libérée d’un poids qu’elle ne soupçonnait pas, elle lève les bras et la serpente suit le mouvement fluide, s’élançant vers le ciel en laissant derrière elle une traînée de lumière.

Alors elle se tient debout, seule, purifiée, et, toujours fermement enracinée, de ses bras et de sa tête elle laisse émaner sa ramure de lumière, son bouquet sauvage de fleurs étincelantes, semant à chaque mouvement des graines de pollen d’or qui scintillent et s’éparpillent…

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Je revient – avec un peu de distance, mais la vie se déroule à une vitesse folle pour moi en ce moment – sur mon rendez-vous lunaire du 4 septembre.

J’étais seule à la maison ce soir-là, une fois le lutin confié aux bras de Morphée. Il faisait assez frais dehors, déjà bien noir, et je n’avais rien préparé. Un instant, j’ai envisagé de ne pas sortir, voire de ne rien faire, un peu lasse et tentée de rejoindre mon lit bien chaud.

Mais l’instant d’après, à peine cette pensée formulée, j’ai ressenti le besoin pressant de sortir quand même, d’honorer ce rendez-vous. L’énergie, l’envie me sont revenues d’un seul coup. J’ai décidé de faire simple, et n’ai pris que la vasque, un peu d’eau et le bougeoir lunaire avec une bougie en cire d’abeille. Au moment de sortir, j’ai croisé des yeux dans l’entrée une petite plume que mon fils avait ramené un peu plus tôt et déposé précautionneusement, et je me suis dit qu’en la prenant, je l’associerai à ma démarche et j’honorerai son respect croissant des choses vivantes et de la nature.

Le ciel était dégagé, la lune haute et bien pleine. Je suis allée m’installer à l’arrière de la maison, au calme, dans un endroit dégagé d’où je voyais bien la dame de la nuit. Là, j’ai déposé ma vasque, posé le bougeoir bien au centre, et versé l’eau lentement. Feu et eau, purification. Lumière sur le miroir liquide.

Je suis restée un instant en silence, assise sur l’herbe fraîche, et j’ai entamé la conversation, car c’est bien de cela qu’il s’est agi, avec la Lune. Je n’avais nulle prière à formuler, pas de requête, pas de poème préparé, juste le besoin de lui exprimer ma gratitude pour les dons reçus, la vie, l’épanouissement, le sentiment que tout progresse, mon désir aussi d’aimer toujours plus, de donner, de créer… Je lui ai parlé comme à une amie un peu âgée, de bon conseil, ou mieux, une grand-mère, une aïeule d’expérience, avec toute la déférence et le respect que cela suppose, mais sans chichi non plus, avec simplicité et sincérité en somme. Je l’ai ressentie comme l’œil  de la Déesse posé sur moi, et je lui ai ouvert mon cœur , lui parlant de ma vie, de mon fils, de ma petite déjà si vivante, de mes projets, mes espoirs. Je me suis sentie gonflée d’amour, réchauffée, entourée.

Puis j’ai saisi l’opportunité d’une offrande un peu particulière, un essai de formulation de la Prière des Druides en celtique ancien. Je n’avais pas encore réussi à la mémoriser, donc je l’ai lue à la lueur de la bougie, mais par rapport à mes essais précédents, les mots et la prononciation me sont venus tout seuls, naturellement, comme si j’étais enfin au bon endroit, au bon moment. Du coup, je l’ai redite une deuxième fois, juste pour le plaisir de sentir les mots rouler dans ma bouche et les partager avec la Lune bienveillante.

Enfin, est venu le moment d’un au revoir un peu ému, pour clore ce moment de partage et de calme. Moucher la bougie, vider l’eau au pied de l’arbre le plus proche, saluer la Dame avec la grâce un peu gauche des femmes enceintes, et rentrer dans la chaleur du foyer, le sourire au cœur. Tout simplement.

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Infusion de la vie

Étonnement chaque jour renouvelé de sentir en soi se mouvoir un petit être, un autre qui est un peu soi et beaucoup de mystère à la fois. Envie de lui parler, de lui chanter déjà la beauté de la vie, mais en même temps un soupçon de timidité face à cette force massive qui le fait croître au quotidien.

Sentiment d’être le siège d’un enchantement qui me dépasse, d’une magie souveraine, impérieuse. Ce n’est pas moi qui crée cet enfant, cet enfant se crée en moi. Il s’est niché en mon sein il y a déjà quatre mois, et depuis il puise sa matière en moi et sa vitalité dans l’univers pour former un corps qui lui permette de découvrir le monde, l’arpenter, s’émerveiller.

Et moi je ne cesse de m’étonner de cet honneur qui m’est fait d’abriter ainsi une vie en devenir, de contenir une si grande force, de la nourrir pour qu’elle prenne forme, et de la rencontrer, bientôt. De la chérir, déjà.

Elle me baigne d’un amour si grand, si plein, que parfois je souhaiterais que cet état dure indéfiniment, mais ce serait bien égoïste de vouloir retenir en moi, pour moi, cet élan vital. Car cet enfant me porte autant que je le porte, il me guidera autant que je le guiderai, il m’apprendra les merveilles de la vie autant que je lui montrerai celles que je perçois.

À travers lui, c’est pour l’instant le monde qui m’infuse de sa beauté, de cette grisante eau qui m’enserre comme elle le berce. Cocon invisible autour de la mère, écho du cocon utérin, double bercement, protection divine, amour sacré, vivant, croissant.

Merci, ô divinités, infiniment, de m’avoir accordé à nouveau de vivre cette aventure incomparable, de me baigner à nouveau de la grâce d’accueillir en mon corps un être à rencontrer, à découvrir.

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