Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Lieux’ Category

À la fin de la terre, loin vers l’Ouest se trouve le pays de mes ancêtres, je le connais un peu, mais j’ai encore tout à découvrir, à explorer…

Et pour cela, quoi de mieux que de mettre ses pas dans les chemins anciens, animés par l’esprit du lieu et les voix des ancêtres. Arpenter, s’arrêter, découvrir les vieux passages derrière les ronces. Vivre au rythme de la marée, respiration de la journée, amplitude des lunes.

Se laisser engloutir par la brume qui s’accroche à la colline, emporter par le vent puissant qui souffle sur la plage, ensorceler par le chant des arbres et des vagues, enchanter par le temps changeant et l’humeur variable de ses petits habitants.

Tisser dans la chaîne des énergies du Lieu et des Ancêtres la trame de notre regard et de notre écoute pour offrir au monde le tissu chatoyant de la beauté et du chant de ce pays, l’awen vibrant de ce monde de vent, de sable et de pierre, d’eau, d’humus et de bois, de merveilles endormies que nos pas éveillent doucement.

Ici les frontières s’effacent, entre l’Océan et le ciel, reflets l’un de l’autre, entre le bleu et le vert, qui se confondent en la couleur glaz, entre le sol et les troncs, unis sous la mousse, entre le sacré et le profane qui s’entremêlent dans l’entrelac d’un quotidien enchanteur.

Il est deux lieux, deux maisons, deux fontaines, deux forces archétypales, l’Océan et la Forêt qui m’ont appelée ici et je souhaite partager ce qu’ils ont bien voulu livrer…

Aussi laissez-moi vous guider à la découverte du pays de Neved, écoutez le chant de mon âme enchantée. Voyez ces deux croissants qui se succèdent. D’abord la plaine du Porzay entourée par les collines : Menez Hom au nord, Menez Quelc’h à l’est, Menez Lokorn au sud. Et à l’ouest le deuxième croissant, la mer infinie contenue dans les deux bras de la baie, Crozon et Sizun.

À la frontière des deux, se trouve le premier lieu de mon cœur, lieu de passage et de mélanges, le lieu de l’Océan, Ker Ar Mor. Au fond de la baie, faisant face à la bouche qui s’ouvre vers le large, voyez la longue plage adossée aux dunes sauvages, marchez sur le sable mouillé qui se fait miroir du ciel changeant, suivez du regard les mouettes qui arrivent des terres pour jouer dans les vagues, sentez les embruns sur votre visage et l’odeur iodée. Faites glisser dans vos doigts le sable fin et l’eau salée.

Puis fermez les yeux. Écoutez le grondement de la mer, sentez la puissance ancienne, primordiale, qui vous fait face et entendez au loin cette voix insidieuse, ce chant qui se mêle au ressac. C’est l’appel irrésistible de la fille de la mer qui trône au cœur de la baie, la déesse aux trois noms : Ahès intraitable au regard sombre, la grande reine du peuple des profondeurs, les mari-morgans joueurs et trompeurs, Dahud la fière ornée d’algues et de coquillages, maîtresse d’Ys aujourd’hui engloutie, Morgane curieuse et espiègle, la jeune femme libre au cœur d’enfant. Trois noms, trois facettes, pour une Dame de l’Océan qui vous appelle. Mais le temps n’est pas venu, vous êtes voyageur de passage.

Ouvrez les yeux, retournez-vous et grimpez maintenant dans les dunes enherbées, jusqu’au rocher saillant depuis lequel on peut contempler d’un côté la plaine et de l’autre la baie, deux univers pour un royaume, le royaume de mon âme. Assis sur ce rocher, sentez sous vos pieds le souffle du dragon endormi qui veille sur le Porzay. Sa respiration lente semble suivre le rythme des marées et son attention est proche de l’éveil à l’aube et au crépuscule. Alors, il peut devenir un guide pour mieux voir au-delà des voiles gris, pour deviner les merveilles cachées en terre comme en mer. Voyez, le vent se lève, il murmure à votre oreille. Mais le temps n’est pas venu, vous êtes voyageurs de passage.

Descendez de cette échine de pierre vers les terres, laissez à gauche la chapelle et rejoignez la niche creusée dans la pente au-delà de la route qui mène à la plage. Voyez au-delà de la statue immobile l’esprit de la Dame qui veille sur la fontaine de la Palud. C’est Dana, la grande mère protectrice, qui siège avec sa fille la Vierge et lui enseigne les mystères du féminin sacré. À leurs pieds, l’eau fraîche coule dans le bassin rond, puis rejoint la rivière qui se jette un peu plus bas dans la mer.

Suivant cette eau qui court, vous voilà de nouveau sur le sable. Laissez la grande plage derrière vous et passez devant l’hôtel pour arriver dans un espace plus intime, une anse entre la côte et la colline de la pointe de Tréfuntec, où coule paresseusement le Lapic. Et voilà bientôt sur votre gauche, Trezaël, Vent et Sable, la villa familiale aux pieds dans le sable et, par grande marée, dans la mer, posée sur le rocher au milieu des pins plantés par mon arrière-grand-père et entourée des escaliers et terrasses construites par mon grand-père. Entendez les tourterelles et les corneilles qui ont trouvés refuge dans les pins. Et le rouge-gorge familier qui vient aux nouvelles dès que l’on travaille au jardin. Montez les marches, poussez la porte, asseyez-vous devant la cheminée de granit et contemplez le feu du foyer des Ancêtres. Voyez dans les flammes un autre granit, d’une autre maison, d’un autre lieu.

Vers le sud-est et le Menez Lokorn, voici le lieu de la Forêt, Ker Ar Goat. Le souffle du Faou, l’esprit du Hêtre, a ensemencé la terre sur la colline sacrée et dans le val profond en réponse à l’appel de Nemetona, Dame des bois enchanteurs.

Dans le village de granit à mi-chemin de la pente se tient cette seconde maison, notre foyer en construction. Voyez à ses côtés l’if qui étend ses branches. Prenez la route qui monte à droite vers le sommet de la colline, et découvrez la vue sur la plaine et la baie qui change avec le temps, la lumière : est-elle dans les nuages, sous la brume, mi-pluvieuse, mi-ensoleillée, rayonnante ?

Au sommet, près de l’enclos de la petite chapelle, sentez l’accueil calme, le regard doux d’Epona et de son poulain. Empruntez maintenant en face le chemin qui suit la ligne de crête et s’enfonce dans la forêt. Le dôme de la cime des hêtres se referme sur un monde vert et humide de troncs moussus et de champignons blancs au port léger, sur un silence profond bruissant de mille vies. Soudain, un rire léger et cristallin, une ombre fugace au coin de l’œil. Sentez l’odeur riche d’humus, la fraîcheur rarement chassée par le soleil. Au milieu des hêtres, voyez les autres essences, houx, bruyères, châtaigniers, chênes, pins… Forêt de hêtres où il fait bon être.

Voici l’embranchement, quittez le sentier de crête pour descendre sur la droite la colline sur le versant nord. Avez-vous remarqué ces espaces semi-circulaires ? Regardez, le sentier en traverse un. Voyez cette plateforme construite à flanc de colline, qui offre une assise horizontale dans ce monde penché. Installez-vous sur le sol élastique et humide et regardez devant vous, derrière le mur opaque de feuilles de la cime des arbres s’étend la plaine du Porzay. Sentez l’espace qui s’ouvre devant vous et surtout en vous. Car c’est un mur-miroir tendu par Nemetona : à défaut de voir la plaine, on est amenés à regarder à l’intérieur de soi. Mais le temps n’est pas venu, vous êtes voyageurs de passage.

Continuez à descendre, et voyez arrivés presqu’en bas le bosquet de bouleaux puis enfin la deuxième fontaine, celle du lieu du bois. Elle est aussi sous la protection de Dana, de la Vierge et de son enfant lumineux. Ici point de statue mais une pierre avec une inscription. L’eau sort de sous la stèle pour se jeter dans le bassin du lavoir, se glisse sous les racines du chêne dans une caverne à la dimension du petit peuple puis ressort et se perd dans le sous-bois. Devant le chêne, accroupissez-vous à hauteur des petites gens, voyez l’eau vive, glissez vos mains dans sa fraîcheur et voyez dans ses reflets les feuilles, à moins que ce ne soit le ciel gris ? Vous clignez pour mieux voir, et soudain vous entendez le ressac, vous voilà de retour sur la plage, les mains dans l’Océan, lieu d’origine et de fin.

Publicités

Read Full Post »

Quercus Robur

Il y a peu est né un nouveau forum sur les lieux sacrés, Quercus Robur :

ban quercus robur

Voici ce qu’en dit sa créatrice, Sine :

« Bienvenue sur Quercus Robur ! Ce forum a été créé à la suite d’un appel que j’ai senti de la part des Lieux Sacrés : dolmens, sources, menhirs, cromlec’hs, arbres centenaires, collines pulsatrices… Tous ces endroits bouillonnants d’énergie qui étaient par nos lointains ancêtres respectés et adorés.

Aujourd’hui, ils disparaissent peu à peu sous la terre, les ronces, les habitations ou les déchets. L’humain coupe une à une les racines qui le liaient à la Terre Sacrée. Mais les Lieux Sacrés ne sont pas morts! Ils respirent encore le pouvoir, l’énergie, la Vie! Nous pouvons les nettoyer, les purifier, les recharger, les honorer, et même en créer de nouveaux!

Voilà le but de ce forum : échanger sur les Lieux Sacrés, partager nos expériences à leur sujet, nous donner des idées pour leur redonner leur force d’autrefois… »

Avis donc à ceux que cela intéresse, ils peuvent venir déposer leur témoignage !

Read Full Post »

J’ai été bien désolée de me rendre compte que l’érable ne faisait pas partie du Tarot celte des arbres, pour la simple et bonne raison que ce tarot ne comprend que les arbres faisant partie de l’alphabet oghamique.

Or l’érable n’est pas une lettre de l’alphabet sacré, c’est en quelque sorte un arbre mineur, tout juste bon à faire partie des taillis, haies et sous-bois entourant les bosquets sacrés des arbres vénérables…

J’étais bien déçue de ne pas avoir un matériau symbolique tout prêt sur l’érable, mais maintenant je suis au contraire bien décidée à travailler dessus pour honorer et faire connaître cet arbre qui m’a accueillie à ses côtés. Ne suis-je pas moi-même jeune marcassin encore bien loin d’entrevoir les mystères du bosquet ?

Et puis, je me suis toujours fixée comme objectif de voir le merveilleux au sein des choses simples du quotidien, il est donc parfaitement cohérent que j’ai rencontré un arbre sans prétention, sans passé symbolique bien assis, sans histoires extraordinaires.

A moi de savoir révéler sa beauté simple et ses mystères, de l’accompagner dans la ronde de l’année pour capter ses transformations et m’imprégner de sa sagesse modeste, à l’image de ces toutes petites feuilles (car ce n’est pas un érable champêtre aux larges feuilles, mais une essence discrète) et de ces fleurs vert clair qui s’épanouissent en même temps que les feuilles, et passent de ce fait presqu’inapperçues.

Ceci dit, je reste preneuse de toutes informations sur l’érable que vous auriez à me communiquer…

Read Full Post »

Sauf erreur de ma part, et après enquête, l’arbre est un érable de Montpellier.

erable-montpellier-feuille

Nom latin : Acer monspessulanum
Genre : Acer
Famille : Acéracées

erable-montpellier-feuilles

Je vous passe les détails botaniques, pour ne retenir que le fait qu’il devrait se couvrir à l’automne d’une toison jaune à rouge du plus bel effet.

Du coup, je suis en train d’enquêter sur le symbolisme de l’érable en matière celtique, et j’ai eu la surprise de découvrir que dans un des  « calendriers astrologiques celtes » (construction moderne s’il en est, mais bon la coïncidence est amusante… le calendrier en question est celui d’Edgar Bliss, c’est le seul que j’ai trouvé où l’érable apparaît), l’une des périodes de l’érable était du 11 au 20 avril (l’autre étant du 14 au 23 octobre), ce qui veut dire que je l’aurais rencontré la veille du début de sa « période astrologique ».  Ceci dit, cela reste anecdotique et de peu d’intérêt pour la suite…

En revanche, j’ai lu sur http://www.centrelauviah.com/celtique7.htm que l’érable était un  « Arbre lié à la guerre, l’agressivité ; il est dédié au dieu Smertos, porteur d’une torche d’érable et vainqueur du serpent. » J’ai de francs doutes quant à cette référence, mais après tout ? J’en appelle à ceux qui s’y connaissent mieux que moi pour infirmer ou confirmer…

Dès que j’ai un moment, je vais me pencher sur ce qu’en dit le Tarot celte des arbres, en espérant que l’érable en fasse partie !

Et bien sûr, si vous avez quelques connaissances en la matière, je serai ravie que vous m’apportiez vos lumières !

Read Full Post »

Rencontre

Vendredi dernier, j’ai rencontré un lieu.

Ce n’est pas la clairière idéale que je cherchais depuis un moment, large, dégagée, à l’écart du sentier, belle et tranquille. Ce n’est pas non plus un lieu pratique, et je l’avais déjà traversé sans m’arrêter, du fait d’une sensation d’oppression, d’étouffement, d’encombrement. Mais déjà à l’époque l’arbre m’avais marqué, puisque je m’étais dit « Tiens… » juste avant de reprendre ma quête, fuyant cette sensation désagréable qui ne collait pas du tout avec ce que je cherchais.

Et puis l’autre jour, je suivais le sentier, l’esprit volage, avec pour seul objectif d’aller m’installer sur un des tas de pierre, ou près de la mare, pour bouquiner tranquillement une de mes lectures en cours. Plus du tout en quête donc. Et soudain, alors que je passe à proximité, me vient cette idée saugrenue : « Et si j’allais voir ce que devient cet arbre, maintenant que le printemps est là, a-t-il déjà des bourgeons, voire des feuilles ? ». Je n’étais pas franchement équipée pour ça, mais j’ai appris à suivre les idées saugrenues.

J’ai donc quitté le sentier, franchi un petit mur de pierre sèche, bataillé avec quelques arbustes peu hospitaliers et je suis arrivée en vue de l’arbre. La dernière fois, j’étais arrivée par le nord, un côté un peu plus dégagé, mais là je venais du sud, et j’étais face à un mur végétal.  On aurait dit que l’arbre avait volontairement fermé la porte, plantant ses branches au sol. Pourtant, ce que je voyais était très différent de ce que je ressentais. La sensation d’étouffement était la même, mais je comprenais, maintenant que je prenais le temps de la recevoir, qu’elle n’était pas constitutive du lieu, qu’elle était en quelque sorte accidentelle, et surtout, que je pouvais agir pour la transformer.

Alors mon regard a comme « basculé », et j’ai vu : l’arbre et l’arbuste tombés, probablement durant la dernière tempête, sur les branches basses de l’arbre et les rabattant au sol, mêlant leurs membres morts aux siens ; les branches mortes de l’arbres jonchant le sol, parsemant ses bras vifs  de bois terne ; les plantes grimpantes de diverses natures s’aggrippant à lui, masquant ses jeunes feuilles.

J’ai été emportée par un sentiment de révolte contre ce gâchis, par un élan de tendresse pour l’arbre à la beauté cachée par ce fouillis végétal, et je suis passée comme en « mode automatique » pendant un long moment, mon sac et mon manteau posés dans un coin, en pantalon de ville, j’ai soulevé les arbres morts pour libérer l’accès et dégager les branches basses, grimpé dans l’arbre pour ôter tout le bois mort, ramassé tout ce qui jonchait le sol dans le cercle autour de lui, redonnant à l’arbre son espace vital, et ne laissant au final que le tapis de feuilles mortes. Durant tout ce temps, mon esprit dérivait, je pensais à Edobola, à ce qu’était une clairière, à la chaleur de l’égrégor malgré la distance ; je parlais à l’arbre, lui expliquant que si je le bousculais un peu, malgré mes efforts pour ne pas faire plus de dégâts que la tempête et la forêt, c’était pour lui redonner espace, beauté et harmonie.

Et puis, à un moment, ce fut fini. J’étais près de l’arbre, je venais de déposer une dernière brassée de branches non loin sur le tas un peu à l’écart, et je ressentis que le lieu était bien. Et moi aussi. J’eus comme l’impression de me réveiller d’un songe, et je fus étonnée de la différence avec le lieu que j’avais traversé naguère. Plusieurs pensées me vinrent, que je ne savais pas de quelle essence était l’arbre, que j’avais l’impression que d’autres avant moi avait déjà travaillé à dégager ce lieu, que je n’étais pas remontée aussi haut dans un arbre depuis mon enfance, et que c’était quand même drôlement imprudent, et enfin, que je souhaitais revenir ici. Pour lire, m’asseoir contre l’arbre et lui parler, méditer, faire le tour en m’agenouillant par moment pour passer sous les branches basses, me mettant à la hauteur  des fées et des gnomes, apprendre à mieux le connaître, dormir, rêver. Et avant que je m’en rende compte, je le serrai dans mes bras, je l’embrassais, au sens propre. Je me sentais débordante d’amour et de gratitude, un peu euphorique aussi, et je me rendis compte que c’était lui qui m’avait appelée ici, et qu’il m’avait déjà accueillie et acceptée.

Alors je m’écartais de quelques pas, et je lui fis ma demande officielle de bien vouloir m’accueillir près de lui, me protéger de son ombre, devenir mon guide et confident, mon refuge dans les collines. Un grand vent se leva, une corneille passa en poussant un cri perçant et les oiseaux alentour entamèrent un concert de pépiements joyeux, bien naturels en ce début de printemps, et qui m’accompagnèrent le temps que je passais, assise sur le tapis de feuilles, à consigner dans mon carnet les émotions confuses qui m’assaillaient.

Ce lieu que j’avais tant cherché, avec une idée bien précise en tête, je venais de le rencontrer alors même que je m’étais résolue à rester nomade, allant de tas de pierre en sous-bois, au gré du temps et de l’inspiration. Il n’avait rien (ou du moins pas grand-chose) à voir avec ce que je cherchais, mais j’avais la certitude intérieure qu’il était ce dont j’avais besoin.

Je ne pourrais pas y entrer par l’ouest, mais le sud, maintenant dégagé de ses obstacles accidentels, deviendra sa porte, et c’est par là que je sortis, le coeur léger, l’esprit en ébullition, le corps courbaturé et les cheveux encore plein de brindilles.

Maintenant, je n’ai qu’une seule envie : y retourner bientôt pour m’assurer que tout ceci ne fut pas un beau rêve, et déterminer de quelle essence il s’agit…

Read Full Post »

La mare aux sangliers

Le long du chemin dans les collines, il y a une mare. Les premières fois où je suis passée, à la fin de l’été dernier, elle était asséchée, mais après mon absence hivernale, de retour dans les collines, j’ai pu la découvrir en eau. Elle s’est creusée dans une terre blanchâtre, et on voit sur les troncs de chênes alentour des traces qui montrent que des animaux, très probablement des sangliers, se sont baignés dedans, puis frottés contre les troncs pour se débarrasser des parasites.

Mare

Pour moi qui suis tellement sensible à l’eau, cette mare aux sangliers entourée de petits chênes est devenue un lieu symbolique important, et je ne manque pas de passer la saluer à chacun de mes passages.

reflet-mare

Cette photo matérialise bien ce que je ressens souvent face à l’eau : un miroir où le monde du dessus se révèle…
Dans ce bleu profond, les petits chênes m’ont parlé de leurs racines aériennes plongeant dans l’infini du ciel.

Cherchant l’autre jour de la terre de mon pagus pour le rituel d’Alban Eilir, je me suis rendue compte que ce serait le seul endroit où je pourrais en prélever, le sol étant trop sec partout ailleurs.

Je m’agenouille au bord et après avoir demandé aux tétards que la mare héberge de m’excuser de troubler leur quiétude, je plonge ma main vers la terre humide du fond. Délicieuse surprise de la fraîcheur liquide, si douce après la marche presqu’ininterrompue depuis la vallée ; puis troublante onctuosité de la vase sous mes doigts. En miroir, l’eau se trouble, et je contemple les volutes dessinées par la terre dérangée. Je prélève ce dont j’ai besoin, puis remercie la mare de ce don précieux. Sans elle, il m’aurait fallu une pioche pour ramener un peu de poussière !

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :