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Aurore…

La lumière s’éveille doucement. Elle s’étire le long des feuilles pâles. Elle paresse un moment sur les tiges fragiles et prend un air délicat pour sourire au matin. Le ciel est bleu et vaste, un peu impressionnant ; il diffuse lentement et boit la nuit avec tendresse. Les deux amants s’enlacent un court instant, suspendu partage de plénitude à l’aurore, puis il la mord brusquement et elle fuit au loin, abandonnant seulement une goutte de son sang pur au bord du monde, avant de sombrer dans l’infini. Précautionneusement, le ciel la recueille et l’embrasse, la transfigurant en un globe d’amour pur et doré, qu’il offre au monde avec bonheur. Ainsi naît le Soleil et sourit à la Terre.
Aussitôt la lumière s’élance et s’enroule autour de lui, avec le rire clair des oiseaux du matin. Puis, par jeu, elle s’étire et le recouvre, le cachant aux yeux de tous et rayonnant avec passion.

La jeune femme prit une grande inspiration et plongea sa tête dans l’eau glacée. Insidieusement, le froid saisit ses traits, ses désirs, son regard, et déposa sur son cœur une rosée de glace.

[écrit du 29 avril 1998 – resté en suspend – retrouvé à l’instant – la suite peut-être bientôt ?]

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Se rendre vers le Nord du Cercle, ou vers le Solstice d’hiver de la Roue de l’année, c’est marcher pieds nus sur les sentiers invisibles, suivre les lignes d’énergies et ce faisant se dépouiller de tout le superflu pour aller vers le centre, l’axe primordial.

C’est fermer les yeux et se laisser guider par ses sensations, poser les pieds sur la terre froide, les mains sur la pierre, mouler son corps dans le sable, malaxer l’argile.

C’est se rendre, silencieux, attentif, jusque dans la grotte où dort l’ourse, dans le creux de la terre, dans le cœur de la nuit, déposer son offrande de cristal et de sel, d’argile modelée et de pierre sculptée, et laisser son corps se fondre dans la densité froide, descendre dans les profondeurs et enfin s’arrêter, immobile.

Plus un geste, plus un bruit, plus une lumière. Au plus profond, nu, là où seule subsiste l’étincelle de vie, la fée ténue aux ailes translucides, la graine de lumière si fragile et pourtant si puissante, si riche, si dense, celle d’où tout renaîtra, d’où se déploiera à nouveau la profusion de la vie.

Mais pour l’instant tout est concentré en un point caché au sein de la Terre-Mère, protégé, nourrit, bercé. Nichés entre les pattes de l’Ourse, savourons cet instant de repos, de dormance, concentrons-nous sur la lumière intérieure et ne nous laissons pas distraire par les feux illusoires de la société qui se trahit par son nom : de consommation, donc de destruction.

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Sous le regard de la blanche Dame de la nuit, je suis sortie hier soir quérir sa bénédiction, poussée par un désir de recueillement et de retrouvailles avec un temps sacré hors de la ronde du quotidien.

Une fois le lutin endormi, accompagnée avec discrétion par mon homme, je me suis rendue à la nuit tombée sous un arbre du jardin, près du petit autel de pierre construit à l’intention des petits êtres.

Face à la Lune, la bougie de cire d’abeille à l’odeur chaude de miel fut allumée, l’eau versée dans la coupe et au centre du miroir liquide disposé l’encens calé dans un nid de petits cailloux. Sur l’eau limpide fut posé délicatement le petit morceau de bois sur lequel j’avais plus tôt gravée une lune. Les quatre éléments ainsi réunis, reconnectant à l’énergie du monde, dans le silence nous attendîmes la montée de la lune au-dessus des arbres.

Puis vint le temps de la prière, aux mots façonnés dans la journée, et maintenant portés par l’intention du cœur et la vibration de la voix :

Pleine lune, ronde de sève,
Emplie d’espoir et de rêves,
Reine de la nuit qui luit sans bruit,
Je te salue bien haut en cette nuit.

Sous tes rayons doux et forts,
Sous ta lumière blanche et laiteuse,
Je me tiens debout alors que tout dort,
Femme emplie de vie et bienheureuse.

Je t’en prie humblement, veille sur les miens,
Sur mon petit à venir qui déjà se meut plein de vie,
Sur mon lutin malin tour à tour câlin et coquin,
Sur mon homme en chemin qui quête sens et envies.

Accorde-moi s’il-te-plaît ta protection,
Tout au long du chemin de la maternité,
Qui s’ouvre à nouveau devant moi.

Accorde-moi je te prie ton inspiration,
Sur le sentier de mabinog récemment entamé,
Que je parcours patiemment pas à pas.

Merci blanche Dame, Dame grande,
De ton écoute sereine, qui déjà réconforte,
Reçois de mes mains ces offrandes,
Et fais qu’ensemble nous soyons fortes.

Alors les offrandes furent offertes : lait blanc qui bientôt viendra de moi, et la prière écrite sur une feuille pareillement blanche brûlée à la flamme de la bougie pour que son énergie en se consumant monte vers les cieux et la Lune, accompagnée par l’encens.

Moment simple, recueilli, sans fioritures ni grande pompe, dans l’intimité de la nuit. Je pense que je renouvellerai ce rendez-vous à la prochaine pleine lune, et que je vais préparer quelque chose aussi pour la lune noire. Pour qu’en parallèle du rythme donné par les grands rituels saisonniers, le cycle de la lune soit l’occasion de rituels plus intimes, dans un rythme plus rapide, et dans l’optique de travailler sur le féminin et la maternité.

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