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Saisir l’occasion de la lune pleine pour rendre un premier hommage à Dahud, visage « mère » de la triple Dame de la Baie,

Se retrouver à la clairière, dérouler le rituel dans la concentration et la paix,

Déposer enfin les offrandes, face à l’Ouest, au pied de l’ajonc : lait blanc et fleurs aux couleurs éclatantes,

Se tenir debout, les pieds bien ancrés, yeux fermés et esprit ouvert, et exprimer les mots ciselés quelques heures plus tôt :

« Dahud, noble dame de l’Océan,
Noble mère à la robe d’argent
Ton ventre à l’image de la lune
Porte l’espoir au cœur des dunes

Dahud, noble dame des eaux salées
Noble mère au regard apaisé
Ta robe flotte au gré des vagues
Parée des verts bijoux des algues

Dahud, noble dame à l’enfant
Noble mère au cœur aimant
Tes bras devant nous grand ouverts
Accueillent les larmes comme les prières

Devant toi noble dame ta servante se tient
Devant toi noble mère ta fille te rend hommage
Devant toi Dahud, je suis Yavanna, gardienne d’AelYs

Accepte, je te prie, ces offrandes
Accorde-moi, je te prie, ton soutien
Puisse ta bénédiction entourer mes actions ! »

Voir la Dame s’approcher à pas lents, souriante, et déposer sur mes épaules son manteau dans un grand geste ample, silencieux,

Retourner me poster au Nord, l’esprit plein de sa présence, rassurée et satisfaite, yeux baissés vers le sol pour ne pas trébucher dans le crépuscule avancé,

Savourer un moment l’instant suspendu, yeux fermés, mains posées sur le bâton,

Puis sur une impulsion impérieuse, ouvrir les yeux et lever la tête pour recevoir le présent merveilleux et inattendu de la Dame :

Une lune pleine, rouge, à peine levée et juste posée sur le Menez Lokorn, au Sud-Est,

Une lune intense, hypnotique, qui aspire mon âme et arrête le temps,

Une lune qui clame la couleur du manteau de Dahud : rouge sang de la mère, écarlate velours de la noble Dame.

Savourer l’instant comme une liqueur rare, comme un fruit délicieux, se laisser emplir de ce nectar précieux pour l’âme assoiffée,

Sentir la terre lentement basculer en avant vers l’astre éclatant,

Finalement parvenir à briser le charme pour reprendre le cours du rituel,

Remercier avec émotion, fermer le cercle,

Quitter le temps sacré pour reprendre son souffle,

Et rentrer enfin chez soi pour réchauffer ses pieds et ses doigts engourdis par le froid…

 

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C’est le début de la fin… de la fin du cycle.

Jour et nuit en équilibre pour bientôt basculer vers la saison sombre, le repos, l’intériorisation, le renouvellement, la germination.

Avant cela, il faut faire le point sur tout ce que l’on a récolté, sur la moisson de l’été engrangée. Et remercier les forces de vie appelée à l’équinoxe de printemps : eau et feu sur la terre, qui ont contribué à l’épanouissement de la nature et de ses fruits, ainsi qu’à notre épanouissement et notre vitalité intérieurs.

C’est le temps du soleil couchant, du reflet sur l’eau de ce feu apaisé de l’Ouest, qui nous appelle à nous tourner vers le grand Océan et les îles de l’Autre-Monde, qui seront le terrain des explorations intérieures de Samonios, bientôt. Pour l’instant l’eau nous berce, nous apaise, nous murmure l’apaisement des corps, le ralentissement des activités, et aussi le début de la purification avant le grand ménage de la Lune Noire. Commencer à déposer dans le courant de l’onde qui emporte ou dans l’eau du chaudron qui dissous les scories de la saison passée.

S’arrêter, s’asseoir et, regardant le soleil doucement s’enfoncer dans le chaudron de la grande mer, laisser peu à peu retomber les énergies de la saison claire, s’apaiser les élans, les envies.

Puis s’approcher du bassin de la source et prendre pour miroir la surface lisse de l’eau claire, pour se regarder longuement, sans jugement, tel que le cycle qui s’achève nous a transformé. Et déposer en retour trois noisettes pour le saumon de sagesse qui tourne sous la surface.

Entrer en repos, et s’apprêter à suivre le serpent vers les profondeurs… de l’eau, de la terre ? Peut-être des deux à la fois, car bientôt les eaux d’automne vont revenir au marais…

 

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À la fin de la terre, loin vers l’Ouest se trouve le pays de mes ancêtres, je le connais un peu, mais j’ai encore tout à découvrir, à explorer…

Et pour cela, quoi de mieux que de mettre ses pas dans les chemins anciens, animés par l’esprit du lieu et les voix des ancêtres. Arpenter, s’arrêter, découvrir les vieux passages derrière les ronces. Vivre au rythme de la marée, respiration de la journée, amplitude des lunes.

Se laisser engloutir par la brume qui s’accroche à la colline, emporter par le vent puissant qui souffle sur la plage, ensorceler par le chant des arbres et des vagues, enchanter par le temps changeant et l’humeur variable de ses petits habitants.

Tisser dans la chaîne des énergies du Lieu et des Ancêtres la trame de notre regard et de notre écoute pour offrir au monde le tissu chatoyant de la beauté et du chant de ce pays, l’awen vibrant de ce monde de vent, de sable et de pierre, d’eau, d’humus et de bois, de merveilles endormies que nos pas éveillent doucement.

Ici les frontières s’effacent, entre l’Océan et le ciel, reflets l’un de l’autre, entre le bleu et le vert, qui se confondent en la couleur glaz, entre le sol et les troncs, unis sous la mousse, entre le sacré et le profane qui s’entremêlent dans l’entrelac d’un quotidien enchanteur.

Il est deux lieux, deux maisons, deux fontaines, deux forces archétypales, l’Océan et la Forêt qui m’ont appelée ici et je souhaite partager ce qu’ils ont bien voulu livrer…

Aussi laissez-moi vous guider à la découverte du pays de Neved, écoutez le chant de mon âme enchantée. Voyez ces deux croissants qui se succèdent. D’abord la plaine du Porzay entourée par les collines : Menez Hom au nord, Menez Quelc’h à l’est, Menez Lokorn au sud. Et à l’ouest le deuxième croissant, la mer infinie contenue dans les deux bras de la baie, Crozon et Sizun.

À la frontière des deux, se trouve le premier lieu de mon cœur, lieu de passage et de mélanges, le lieu de l’Océan, Ker Ar Mor. Au fond de la baie, faisant face à la bouche qui s’ouvre vers le large, voyez la longue plage adossée aux dunes sauvages, marchez sur le sable mouillé qui se fait miroir du ciel changeant, suivez du regard les mouettes qui arrivent des terres pour jouer dans les vagues, sentez les embruns sur votre visage et l’odeur iodée. Faites glisser dans vos doigts le sable fin et l’eau salée.

Puis fermez les yeux. Écoutez le grondement de la mer, sentez la puissance ancienne, primordiale, qui vous fait face et entendez au loin cette voix insidieuse, ce chant qui se mêle au ressac. C’est l’appel irrésistible de la fille de la mer qui trône au cœur de la baie, la déesse aux trois noms : Ahès intraitable au regard sombre, la grande reine du peuple des profondeurs, les mari-morgans joueurs et trompeurs, Dahud la fière ornée d’algues et de coquillages, maîtresse d’Ys aujourd’hui engloutie, Morgane curieuse et espiègle, la jeune femme libre au cœur d’enfant. Trois noms, trois facettes, pour une Dame de l’Océan qui vous appelle. Mais le temps n’est pas venu, vous êtes voyageur de passage.

Ouvrez les yeux, retournez-vous et grimpez maintenant dans les dunes enherbées, jusqu’au rocher saillant depuis lequel on peut contempler d’un côté la plaine et de l’autre la baie, deux univers pour un royaume, le royaume de mon âme. Assis sur ce rocher, sentez sous vos pieds le souffle du dragon endormi qui veille sur le Porzay. Sa respiration lente semble suivre le rythme des marées et son attention est proche de l’éveil à l’aube et au crépuscule. Alors, il peut devenir un guide pour mieux voir au-delà des voiles gris, pour deviner les merveilles cachées en terre comme en mer. Voyez, le vent se lève, il murmure à votre oreille. Mais le temps n’est pas venu, vous êtes voyageurs de passage.

Descendez de cette échine de pierre vers les terres, laissez à gauche la chapelle et rejoignez la niche creusée dans la pente au-delà de la route qui mène à la plage. Voyez au-delà de la statue immobile l’esprit de la Dame qui veille sur la fontaine de la Palud. C’est Dana, la grande mère protectrice, qui siège avec sa fille la Vierge et lui enseigne les mystères du féminin sacré. À leurs pieds, l’eau fraîche coule dans le bassin rond, puis rejoint la rivière qui se jette un peu plus bas dans la mer.

Suivant cette eau qui court, vous voilà de nouveau sur le sable. Laissez la grande plage derrière vous et passez devant l’hôtel pour arriver dans un espace plus intime, une anse entre la côte et la colline de la pointe de Tréfuntec, où coule paresseusement le Lapic. Et voilà bientôt sur votre gauche, Trezaël, Vent et Sable, la villa familiale aux pieds dans le sable et, par grande marée, dans la mer, posée sur le rocher au milieu des pins plantés par mon arrière-grand-père et entourée des escaliers et terrasses construites par mon grand-père. Entendez les tourterelles et les corneilles qui ont trouvés refuge dans les pins. Et le rouge-gorge familier qui vient aux nouvelles dès que l’on travaille au jardin. Montez les marches, poussez la porte, asseyez-vous devant la cheminée de granit et contemplez le feu du foyer des Ancêtres. Voyez dans les flammes un autre granit, d’une autre maison, d’un autre lieu.

Vers le sud-est et le Menez Lokorn, voici le lieu de la Forêt, Ker Ar Goat. Le souffle du Faou, l’esprit du Hêtre, a ensemencé la terre sur la colline sacrée et dans le val profond en réponse à l’appel de Nemetona, Dame des bois enchanteurs.

Dans le village de granit à mi-chemin de la pente se tient cette seconde maison, notre foyer en construction. Voyez à ses côtés l’if qui étend ses branches. Prenez la route qui monte à droite vers le sommet de la colline, et découvrez la vue sur la plaine et la baie qui change avec le temps, la lumière : est-elle dans les nuages, sous la brume, mi-pluvieuse, mi-ensoleillée, rayonnante ?

Au sommet, près de l’enclos de la petite chapelle, sentez l’accueil calme, le regard doux d’Epona et de son poulain. Empruntez maintenant en face le chemin qui suit la ligne de crête et s’enfonce dans la forêt. Le dôme de la cime des hêtres se referme sur un monde vert et humide de troncs moussus et de champignons blancs au port léger, sur un silence profond bruissant de mille vies. Soudain, un rire léger et cristallin, une ombre fugace au coin de l’œil. Sentez l’odeur riche d’humus, la fraîcheur rarement chassée par le soleil. Au milieu des hêtres, voyez les autres essences, houx, bruyères, châtaigniers, chênes, pins… Forêt de hêtres où il fait bon être.

Voici l’embranchement, quittez le sentier de crête pour descendre sur la droite la colline sur le versant nord. Avez-vous remarqué ces espaces semi-circulaires ? Regardez, le sentier en traverse un. Voyez cette plateforme construite à flanc de colline, qui offre une assise horizontale dans ce monde penché. Installez-vous sur le sol élastique et humide et regardez devant vous, derrière le mur opaque de feuilles de la cime des arbres s’étend la plaine du Porzay. Sentez l’espace qui s’ouvre devant vous et surtout en vous. Car c’est un mur-miroir tendu par Nemetona : à défaut de voir la plaine, on est amenés à regarder à l’intérieur de soi. Mais le temps n’est pas venu, vous êtes voyageurs de passage.

Continuez à descendre, et voyez arrivés presqu’en bas le bosquet de bouleaux puis enfin la deuxième fontaine, celle du lieu du bois. Elle est aussi sous la protection de Dana, de la Vierge et de son enfant lumineux. Ici point de statue mais une pierre avec une inscription. L’eau sort de sous la stèle pour se jeter dans le bassin du lavoir, se glisse sous les racines du chêne dans une caverne à la dimension du petit peuple puis ressort et se perd dans le sous-bois. Devant le chêne, accroupissez-vous à hauteur des petites gens, voyez l’eau vive, glissez vos mains dans sa fraîcheur et voyez dans ses reflets les feuilles, à moins que ce ne soit le ciel gris ? Vous clignez pour mieux voir, et soudain vous entendez le ressac, vous voilà de retour sur la plage, les mains dans l’Océan, lieu d’origine et de fin.

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Foyer AelYs

En ce jour où le vent souffle dans les pins, où l’océan gronde et les embruns viennent fouetter les vitres de Trezaël, je suis heureuse et fière d’annoncer la naissance du foyer druidique AelYs, dont je suis la responsable.

C’est un foyer d’Armor, jumeau du foyer d’Argoat Neved, animé par Llyriann. Il est membre de l’Assemblée druidique du Chêne et du Sanglier.

Il chante la magie du vent et des flots, des dunes et de la ville d’Ys, des falaises et des grottes, de la grève et des landes. Il honore aussi l’eau vive d’Ana, la grande mère protectrice.

Des profondeurs de la baie aux hauteurs des dunes, l’envol du chant d’Ys sur les ailes du vent. Voilà ce qui m’a toujours charmée, ce qui m’a appelée en ces lieux et menée à y fonder un foyer.

Il est fort probable que ce lieu inspire nombre de mes prochaines publications, vous voudrez bien pardonner une certaine monomanie à venir, mais qui je l’espère saura vous enchanter autant que moi…

 

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Océan

Je suis celle qui nourrit l’arbre et l’empêche de se perdre dans l’infini des cieux.
Je suis celle qui calme l’incendie et apaise la brûlure ardente.
Je suis celle qui façonne le roc et offre au monde mille et une effigies.
Je suis celle qui fige le métal et fait éclater la coque d’argile.
Je suis celle qui offre au vent les embruns piquants et peuple le ciel de nuages.
Je suis celle qui guérit l’âme des hommes et conserve leurs secrets.
Je suis celle qui berce la lune et sert d’écrin aux étoiles.
Je suis le réceptacle des initiations et le berceau du renouveau.
Je suis vasque de connaissance et dissolution dans l’oubli.
Je suis fluide de vie et courant de mort.
Je suis l’EAU, fraîche et primitive.
Je suis Océan de sagesse primordiale.

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