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Posts Tagged ‘solstice d’hiver’

Cette année le solstice pour moi fut triple. Trois célébrations sur trois jours, pour un ancrage de notre présence en ces terres, une affirmation du lien qui unit les hommes entre eux, les hommes avec les lieux, les hommes avec les dieux…

Tout d’abord, ce fut le premier rituel en la clairière du foyer AelYs. Célébration à la fois de la renaissance du jeune Soleil et de la naissance d’AelYs. J’ai eu la chance d’avoir à mes côtés, pour ce passage délicat et fondateur, deux invités, un homme et une femme.  J’avais beaucoup réfléchi à ce que je voulais exprimer, allant jusqu’à coucher les mots par écrit, ce que je ne fais pas d’habitude. Passer chercher de l’eau à la source de Dana pour la purification, présenter l’échine du Dragon, mener jusqu’à la clairière à travers les ronces, tout ceci fut une sorte d’entrée en matière, mais je restais nerveuse. Une pluie plus ou moins fine nous a accompagné tout au long du rituel, rendant difficile l’allumage des bougies à la chandelle du Mabon protégée par une lanterne. En un sens, la solennité, l’intensité que j’avais projeté ne furent pas au rendez-vous, mais les paroles simples, les étapes familières du rituel, la sincérité et l’inspiration des actes et des offrandes, des paroles et des pensées, marquèrent cette fondation du sceau de la simplicité et de la connexion. Or c’est bien cela qui me parle dans le druidisme tel que vécu au sein de l’Assemblée. En ce sens, ce rituel fut profondément juste, et tout ce que je souhaitais exprimer a été dit ou fait, m’apportant soulagement et émotion. Et alors que nous arrivions à Trezaël, la lumière du Mabon que nous croyions s’être éteinte dans la lanterne pendant le rituel s’est avérée être toujours bien vive. Elle nous a accompagné tout au long du chemin du retour, et du coup durant le repas que nous avons partagé ensuite ! Après tout le mal que j’ai eu à l’allumer, ce fait m’a beaucoup touchée…

Le lendemain, 21 décembre, nous avons passé la journée en famille. Au réveil, les enfants ont trouvé les cadeaux dans le salon, et la journée a passé en montage de circuit et habillage de poupée. Le soir, après le diner, nous avons éteint toutes les lumières de la maison, sauf une petite bougie posée près de la cheminée. Nous avons évoqué pour les enfants le sens de cette nuit si spéciale, de cette petite lumière qui persiste au cœur de l’obscurité, puis nous avons chacun allumé notre bougie à cette lumière du Mabon, et rallumé toutes les bougies de la maison, puis le feu dans la cheminée, où j’avais disposé la bûche décorée familiale, ainsi que ma bûche d’offrande de la veille. Ensuite nous avons passé la soirée auprès du feu, à la lueur des bougies, dans le calme à évoquer le Mabon. J’évoque plus de détails ici.

Enfin, le 22, jour « astronomique » du solstice, j’ai été conviée avec un autre invité à fêter Alban Arthan avec le foyer Neved, dans la forêt du Nevet. Il est étonnant de constater qu’à partir de la même trame de base, deux rituels dans des lieux distincts peuvent avoir des résonances si différentes. Pas de pluie ce jour-là, et les énergies masculines sont parvenues à allumer un feu au sud. La présence des grands arbres aussi change totalement l’ambiance de la clairière, par rapport à l’espace dégagé et totalement ouvert au ciel de l’avant-veille. Du fait de ne pas être « en charge » de ce rituel, j’étais plus détendue, et la superbe offrande de Llyriann, la bûche sculptée et peinte en Mabon, constituait un centre très inspirant au cercle.

 

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Plaisir toujours renouvelé de renouer avec le rituel, ses repères fixes d’ouverture et de fermeture qui encadrent l’inspiration mouvante de la partie centrale, thématique. Incarnation vivante de l’équilibre que nous recherchons entre Tradition et Inspiration. Cet équilibre qui me rassure et me propulse, cet équilibre qui me stabilise et me nourrit, incursion précieuse du sacré dans le profane, qui rythme la roue de l’année.

 

Retrouvailles aussi avec la colline blanche, les pins, le vent, l’esprit du lieu tellement vivant. Malgré le souffle qui n’a cessé de nous rafraîchir, je l’ai trouvé serein, sans doute nourrit de la certitude que la roue reprend sa course, que le Mabon va renaître depuis le fond de la caverne où luit en ce jour l’étincelle qui jamais ne meurt tout à fait.

Et pourtant, le feu ne fut pas facile à allumer ! Le vent éteignit toutes nos bougies, le briquet était vide, les allumettes mouillées… La seule bougie protégée du souffle, celle des gardiens, nous permit in extremis d’allumer la flamme du Mabon. Mais une fois qu’il eut repris vie, il brûla avec constance et une joie manifeste…

 

Pour la première fois, je fus invitée à honorer les Gardiens de la clairière. Un peu intimidée, je leur adressai quelques mots simples, me recueillant devant la lanterne qui leur est dédiée.

Après avoir bataillé donc avec le feu, les bûches décorées furent offertes aux flammes et dévorées comme il se doit. J’avais entouré la mienne d’une cordelette rouge tricotée pour l’occasion, rouge sang, rouge flamme, rouge vie !

On fit également des offrandes à la terre, de nourriture notamment, pour la soutenir dans sa protection des graines de ce qui va grandir et s’épanouir au cours de la saison claire encore bien loin…

On évoqua le deuil nécessaire à faire de ce qui est terminé, de ce qui doit être laissé derrière soi, limitations, peurs, à l’occasion de ce renouveau de la lumière.

Enfin, on partagea le gui protecteur, préalablement quêté et ramassé par notre Mac Fuirmid, échangeant sur ses particularités, son symbolisme…

Ainsi s’écoula le premier rituel, en duo sur la colline.

 

Lorsque nous remontâmes la colline entre femmes, entre mères, après le déjeuner pour un second rituel, les braises étaient encore chaudes. Ainsi le feu fit lien entre les membres de la clairière.

À nouveau, les repères du rituel, avec quelques nuances introduites par notre cheminante ovate : on purifia notamment le cercle avec du laurier.

Et une fois le cercle tracé et consacré, s’installa un temps hors du temps d’échange entre femmes, d’abord autour de la décoration des bûches avec les plantes du solstice (houx, lierre) et solaires (laurier, romarin). Bûches offertes au feu par la suite, avec d’autres offrandes.

On modela aussi de l’argile, de la terre élément du solstice, on parla du gui, des autres plantes, du symbolisme du solstice, si particulier pour nous deux…

Il faisait froid ce jour-là, et le vent soufflait. Et pourtant, assises par terre autour du feu au sein du cercle sacré, je me suis sentie bien, au chaud, exactement comme si nous étions au coin du feu dans la maison ronde d’un village celtique. Nous avons parlé et nous nous sommes tues, nous avons évoqué des choses sacrées et profanes, des choses profondes et des petits riens, nous avons parlé de nous et des autres… Ce fut un moment intime, chaleureux, précieux.

Il fallut bien refermer le cercle, revenir à nos vies de femmes, de mères et de compagnes, mais cet espace de partage tissé de parole est comme resté ouvert quelque part en mon cœur, et j’y puise par moment de l’énergie et du soutien, dans ce sentiment de sororité et de compréhension.

 

Ce fut ainsi une journée riche, en émotions et en échanges. Retrouvailles toujours trop brèves, mais déjà si intenses…

 

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Se rendre vers le Nord du Cercle, ou vers le Solstice d’hiver de la Roue de l’année, c’est marcher pieds nus sur les sentiers invisibles, suivre les lignes d’énergies et ce faisant se dépouiller de tout le superflu pour aller vers le centre, l’axe primordial.

C’est fermer les yeux et se laisser guider par ses sensations, poser les pieds sur la terre froide, les mains sur la pierre, mouler son corps dans le sable, malaxer l’argile.

C’est se rendre, silencieux, attentif, jusque dans la grotte où dort l’ourse, dans le creux de la terre, dans le cœur de la nuit, déposer son offrande de cristal et de sel, d’argile modelée et de pierre sculptée, et laisser son corps se fondre dans la densité froide, descendre dans les profondeurs et enfin s’arrêter, immobile.

Plus un geste, plus un bruit, plus une lumière. Au plus profond, nu, là où seule subsiste l’étincelle de vie, la fée ténue aux ailes translucides, la graine de lumière si fragile et pourtant si puissante, si riche, si dense, celle d’où tout renaîtra, d’où se déploiera à nouveau la profusion de la vie.

Mais pour l’instant tout est concentré en un point caché au sein de la Terre-Mère, protégé, nourrit, bercé. Nichés entre les pattes de l’Ourse, savourons cet instant de repos, de dormance, concentrons-nous sur la lumière intérieure et ne nous laissons pas distraire par les feux illusoires de la société qui se trahit par son nom : de consommation, donc de destruction.

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