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Hymne à Ogmios

Ogmios

Photomontage par Taliesin

Ogmios, Noble Aîné Maître des sages,
Souffle venu des profondeurs des âges,
Spirale des éons vers l’avenir,
Conscience du grand Dessein et du devenir.

Ogmios, Puissant Maître du Temps,
Du passé vers le présent,
Du futur vers les gisants,
Force éternelle de l’omniprésent.

Ogmios, Brumeux Père du Destin
Maître d’hier comme de demain,
Haute figure et ferme poigne,
Des cycles profonds tu témoignes.

Vois l’humble salut de ceux qui s’émeuvent,
Sens la ferveur des Êtres qui se meuvent,
Dans les méandres de la toile,
Dans les rets souples des voiles.

Reçois l’offrande de nos chemins,
Accompagne nos pas libres comme contraints,
Reçois le souffle de nos incarnations,
Éclaire nos choix, nos doutes et nos passions !

Espoirs d’antan,
Salut Maître du Temps !

Souvenirs de demain,
Salut Père du Destin !

Poussière de nos os,
Salut à toi Ogmios !

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Elle se tient au bord, tout au bord. Là où plus rien n’existe que le silence, le calme et la lenteur. Assise dans une douceur blanche, elle regarde patiemment les arabesques dorées qui dansent sur la toile noire du vide absolu au-delà. Son regard est patient, posé. Il scrute chaque boucle, chaque nuance, chaque mouvement.

Le temps se tient en retrait, elle l’a laissée derrière, gentiment mais fermement.

L’espace est grand ouvert devant elle, et presque fermé derrière, lui assurant une assise sûre, l’enveloppant de la certitude de l’immobilité, quand celle du mouvement se déploie devant ses yeux.

Un scintillement fugace parcourt une arabesque, qui se concentre en spirale et lance un éclat cuivré en son centre. Bientôt des écailles se forment, deux yeux s’ouvrent et une ondulation subtile la parcourt. Puis la serpente se met à former des S lents et hypnotiques.

Et soudain, l’espace se contracte et la serpente jaillit. Elle jette ses crocs en avant et la mord rapidement au cou, laissant fleurir deux traces rouges, avant de s’enrouler autour de son torse, descendant, puis remontant plus lentement dans l’autre sens, pour finir par s’arrêter la tête déployée au-dessus de sa tête, frémissante.

Elle n’a pas eu le temps d’esquisser un geste, ni même une pensée. Mais maintenant le temps revient, doucement, tendrement, près d’elle, et elle sent un venin noir qui s’infiltre en elle. Les anneaux de la serpente sont une caresse ferme, et le venin coule lentement, mais sûrement, et il emporte sur son passage toutes les scories, tous les échos anciens stériles et dépassés, toutes les entraves inutiles. Il tourne, il circule, et bientôt il descend et se concentre dans les jambes, les pieds. Alors elle s’enracine profondément, et le venin part vers la terre noire où il emporte ses déchets pour les mêler aux feuilles pourries, aux déjections, à l’humus fertile.

Maintenant libérée d’un poids qu’elle ne soupçonnait pas, elle lève les bras et la serpente suit le mouvement fluide, s’élançant vers le ciel en laissant derrière elle une traînée de lumière.

Alors elle se tient debout, seule, purifiée, et, toujours fermement enracinée, de ses bras et de sa tête elle laisse émaner sa ramure de lumière, son bouquet sauvage de fleurs étincelantes, semant à chaque mouvement des graines de pollen d’or qui scintillent et s’éparpillent…

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Beltaine arrive, et avec elle les énergies de l’été, de l’expansion, du foisonnement. Mon être aspire à des temps de construction, d’expérimentation, de mise en oeuvre de tout ce que j’ai lu, de ces bases communes mises en mot qui sont le terreau pour le florissement de mon être.

Bientôt le déménagement va être l’occasion de tri, de nettoyage, d’aménagement d’un nouveau lieu, avec plus de place, et l’occasion de repenser les espaces. Un jardin aussi, enfin.

Mais une fois passée cette phase d’installation, de renouveau, comment concilier réduction de mon temps personnel (qui sera confiné au heures du soir) et augmentation de mes désirs de marche, de méditation, de réflexions, d’écriture et de mise en oeuvre symbolique ? Fort heureusement, les jours vont aller se rallongeant, ainsi les heures du soir vont peu à peu devenir des heures de jour, mais la fatigue me rattrape vite si je me couche trop tard. Et dans ce domaine, je vois mal comment faire preuve de plus d’efficacité, le temps, la lenteur et la patience faisant partie intégrante du processus. Il va donc falloir que j’accepte que les choses se fassent par tout petits bouts, que je réfrène mon enthousiasme et mes désirs. Faire preuve de créativité aussi, pour réduire au maximum les tâches ménagères, simplifier le quotidien, et investir le temps qui restera malgré tout nécessaire de présence et de méditation.

Ceci  dit, je me sens un peu « en pause » en attendant le déménagement. Difficile de mettre des choses en place quand tout va être chamboulé dans quelques semaines… Donc, je privilégie la lecture (et de toute façon, c’est pas ce qui me manque !), et je réfléchis à l’organisation de mon futur intérieur. Avec toute la frustration que suppose le fait d’avoir plein de désirs et d’idées, sans budget pour les matérialiser. Frustration bienvenue pour m’aider à travailler sur la consommation-consolation et la « sobriété heureuse ». Traduction : je commence à me faire à l’idée que je vais davantage manier les planches, les briques, les clous et la peinture que la carte bleue…

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Libre

Tout est vide. Sa tête légère se balance au gré du vent et la brise emporte jusqu’à ses moindres pensées. L’enveloppe vide de son corps est perdue dans l’immensité de l’espace inconnu qui l’entoure. Elle est seule. Elle est vide. Sensations, émotions ont été nettoyées depuis longtemps par les bourrasques purificatrices. Tout est blanc et pur autour d’elle. Une sorte de neige impalpable et fraîche. Fraîche ? Mais alors, toutes les sensations n’ont pas disparu… Ou bien elles reviennent, peu à peu, sur ce terrain vierge, où tout a été remis à neuf. Tout est nouveau, tout est découverte, redécouverte. C’est merveilleux. Sans souvenirs, sans passé, on ne peut que s’émerveiller de ce que l’on découvre. Tout est possible à nouveau, aucun préjugé ne vient perturber le processus délicat de l’appréhension et de l’apprentissage.

Apprenti-sage. Peut-être est-ce là la clef. Elle est une apprentie sage, libérée de son passé et qui redécouvre avec délices et innocence le monde qui l’entoure. Elle savoure chaque moment avec intensité, goûte le présent sans le gâcher par des comparaisons avec un autrefois ou un plus tard. Et aussitôt, elle oublie. Cet éternel présent de la non-mémoire est une expérience insolite et sans fin. Puisque le souvenir n’est plus, le temps s’arrête. Et chaque moment est toujours le premier. Sans commencement, sans durée. Elle s’est échappée subrepticement de la roue du temps. Un observateur extérieur, demeuré dans le domaine du temps, pourrait révéler en effet qu’elle en est arrivé là presque par hasard, par une contorsion de l’esprit un peu étrange et non préméditée. Et désormais, elle en est prisonnière, si l’on peut dire. Une prison si ouverte, où l’idée même de fermeture s’échappe, que le paradoxe est à son comble. Elle ne sait plus d’où elle vient, donc elle ne peut souhaiter y retourner. Sans point de comparaison, le désir et le remord s’effacent. Seule la joie demeure.

La joie est sa demeure, suspendue dans un horizon cotonneux où surviennent puis disparaissent des couleurs et des formes, des paysages et des êtres, toujours nouveaux, toujours surprenants. Nul ennui ne la guette, nulle déception possible. Elle navigue de part et d’autre sans souvenir ni de part, ni d’autre. La même odeur la captive mille fois avec une intensité toujours renouvelée, et suscite mille réactions toujours premières. Le même sentier est une aventure sans cesse nouvelle. Le plus petit lieu peut occuper une infinité temporelle. Il n’y a pas de limites, à rien. Rien ne peut l’enfermer, elle est libre quoi qu’il arrive. Car elle est libre en elle-même, libre du temps et du souvenir.

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